Il suffit d'un regard sur les sphères politiques, économiques, sociales, financières de nos sociétés pour constater que partout, l'état le plus couramment partagé est la contraction. Il s'accompagne d'une dégradation des « ambiances psychiques » de la collectivité, d'un déséquilibre croissant et d'un mal être signifiant. L'origine : la coupure intérieure.Pourtant, la solution est à portée de mains et accessible à chacun : remettre la création au cœur de nos vies pour les réenchanter.
Pourquoi la contraction ?
La vie sur Terre se traduit, pour la plupart, par l'expérience de la densité, de la résistance, d'une force d'inertie colossale où beaucoup se perdent et se recroquevillent.
Ceux obnubilés par La réussite, qui se révèle souvent dépendance envers des diktats extérieurs auxquels ils s'identifient. Ou ceux, nombreux, enfoncés dans la survie.
Que celle-ci soit matérielle ou psychique, les balises du couple, de la famille, de la sécurité, du matérialisme ne fonctionnent plus, reflétant les sables mouvants sur lesquels s'est bâtie notre civilisation.
Pourquoi la coupure ?
Toujours projetés entre passé et futur, vers des désirs artificiels qui ne nous appartiennent pas mais sont générés par les modèles extérieurs, nous ne nous habitons plus, ni ne nous appartenons.
Un passé et un futur qui ont pour maitres le mental et l'émotionnel.
Un émotionnel de réactivité permanente, d'excitation de chaque instant, réactivé quotidiennement par les media et les « centres de pouvoir ».
Un mental et un intellect fertiles en échafaudage d'hypothèses, en scénarios, supputations, suppositions, anticipations... Toujours plus virtuels et déconnectés de la vie.
Ainsi, beaucoup d'êtres sont en perte de racines terrestres, dans l'ignorance ou le déni de leur être profond, avec des difficultés d'incarnation, quelques soient leurs formes. Etre pleinement dans la réalité sans pour autant s'y identifier est un exercice d'équilibre et de justesse qui demande apprentissage et entrainement !
Conséquences : Affaiblissement généralisé
Contraction et coupure, deux états qui provoquent souffrance, mal-être, pathologies, affaiblissement, effondrement immunitaire... On appelle cela Les Maladies de Civilisation, comme si elles étaient inévitables et quasiment « normales » !
Ainsi, en quelques décennies, l'état de maladie est devenu l'étalon de mesure de la santé de notre société !
Jamais une société dans son entier n'a à ce point orienté son discours sur la maladie.
Jamais une telle envergure de dispositifs ne fut mise en place -l'épisode sidérant du vaccin H1N1 en est une illustration caricaturale.
Sorte de Tonneau des Danaïdes : jamais il n'y eut autant de maladies.
Une équation insoluble aux yeux de nombreux experts, mais pourtant si simple à comprendre...
L'on sait aujourd'hui que nos pensées, nos paroles, nos émotions sont des ondes qui se propagent et touchent chacun.
Mais le pas suivant est de comprendre que l'orientation donnée à nos pensées va modeler la réalité de telle ou telle façon. L'orientation maladie sculpte énergétiquement une société malade, à commencer par son psychisme, c'est à dire ses croyances et ses émotions.
L'orientation santé prépare le terrain pour y installer les comportements adéquats qui la nourriront.
Quel peut être le rôle des arts et de la création dans la santé globale ?
Quelle est la nature fondamentale de l'art ?
Elle est de nous donner des ailes, de nous faire voyager, de nous élever.
L'art fait passer des portes, il est par essence Stargate.
S'élever, contempler, s'émerveiller, jubiler, c'est quitter la peau de chagrin quotidienne dans laquelle la plupart s'enferment, pour rouvrir des espaces intérieurs, enfin respirer, enfin s'ouvrir.
En ce sens, l'art est libérateur.
La liberté intérieure est également la signature de l'art. L'art est libre par essence, l'un des rares espaces de liberté véritable car il touche à notre puissance originelle de création.
Il insuffle donc naturellement une sensation de liberté, et la diffuse partout, comme ces graines de pissenlit qui viennent nous caresser un instant avant de se dissoudre dans la lumière.
Une liberté qui passe parfois par des technologies, tel le magnifique Avatar de Cameron. Avec le risque que ces technologies soient enfermantes, pour ceux qui s'y laissent virtualiser.
Mais au-delà des formes esthétiques, est la création et son mouvement infini.
L'art comme pur espace de création amène chacun à recontacter sa propre liberté de créer, mais aussi de SE créer.
Car la création ne s'applique pas qu'à l'œuvre extérieure mais à l'œuvre de soi, chacune étant l'écho de l'autre.
C'est alors, entre l'œuvre et l'œuvre de soi, que le mouvement créateur se remet en marche. Un mouvement partagé par tout le vivant, de la cellule à l'univers.
Alors, nous réintégrons les rênes de notre vie.
Alors la vie reprend sens, orientation, intensité.
Alors l'état si souvent partagé de frustration, de vulnérabilité, de dépendance, de sentiment d'impuissance face à nos vies, peut faire place à un élan, à une envie, à une aspiration longtemps niée et étouffée.
C'est le début d'un processus de guérison intérieure, d'une convalescence de l'âme jusqu'alors comprimée, qui amène à un regard neuf sur sa vie, dépoussiéré des filtres et des croyances extérieures qui le brouillaient.
Le plaisir de se révéler à soi même, la direction nouvelle qui s'esquisse, sont autant de toniques naturels, de « vitamines de l'âme ».
Une voie de recherche ouverte
Aujourd'hui, les effets de la méditation sur l'amélioration de la concentration, l'orientation positive des émotions, la diminution de la dépression, sont reconnues par les plus grands scientifiques des neurosciences. Matthieu Ricard y a ardemment contribué, au travers de multiples études et expérimentations avec le Mind and Life Institute.
Les neurosciences démontrent maintenant l'étroite relation entre les états de bien-être et de mal-être et la sécrétion de molécules spécifiques. La tristesse, la colère, le sentiment d'insatisfaction, lorsque installés durablement, peuvent conduire à une fragilisation du système immunitaire. Les émotions négatives à l'égard de soi, de la vie, des autres, sont une forme d'auto-sabotage, sans compter la dégradation des relations professionnelles, personnelles et sociales qu'elles entrainent.
Aujourd'hui également, les nombreuses études menées sur le vieillissement reconnaissent notamment que la santé du corps et celle de l'esprit sont indissociables.
J'écrivais en 2008, dans un article sur le vieillissement pour Biocontact : « La médecine quantique nous dit aujourd'hui que la qualité apportée à nos pensées et à nos émotions détermine la spécificité de notre état biochimique. Un bouleversement radical qui nous remet la responsabilité de notre santé, dans une nouvelle compréhension des multiples interactions physiques et psychiques. »
L'élément profondément nouveau est que cela nous donne la possibilité de choisir nos états intérieurs, leur qualité, leur tonalité... pour transformer notre biochimie, et non plus d'être l'otage de notre émotionnel qui s'empare si facilement de tout type de situation. Un long apprentissage d'autonomie désormais accessible à quiconque en a l'intention et la persévérance.
Il me parait souhaitable aujourd'hui d'engager le même type de recherche sur les effets bénéfiques de la création.
Réorienter notre vie vers plus de création pour qu'elle soit plus riche et épanouissante peut ainsi relever d'un choix personnel.
Une société de création et de talents pour un mieux-être collectif
Associer le sens, le plaisir, la réalisation de soi, entrer dans un scénario personnel d'accomplissement, a inévitablement une action positive sur le psychisme, qui rejaillit sur le corps physique, et naturellement sur le corps social. Car tout est relié.
Etre créateur nous rend présent à nous-mêmes. Quand nous nous habitons réellement, nous ne laissons plus entrer les envahisseurs, émotions et pensées parasites et autodestructrices. Nous devenons vigilants à la qualité de nos états intérieurs. Notre équilibre global en bénéficie directement.
En entrant dans une dimension et une expression créatrice plus profonde, en devenant explorateur impliqué de soi, en se reconnaissant, en se sentant utile par le seul acte de création, un ressourcement devient alors possible.
Le jour où l'acte créateur - dans quelque domaine que ce soit, artistique ou non - sera considéré comme le meilleur des dopants et stimulants naturels, les multiples addictions du temps feront place à une société de talents, épanouie, riche et créative.
Quand il sera reconnu que cette dynamique de talents peut influer sur l'inconscient collectif de l'humanité pour lui faire passer un nouveau cap évolutif, alors le monde sera bien différent.
Quoi créer ?
Remettons l'imagination au pouvoir...Big-bang, création de l'univers, verbe créateur, création artistique, création d'un enfant, création d'un projet, d'une association, d'une entreprise, création de liens, création d'une ville ou d'un jardin... tout est création et toute création nous fait recontacter notre puissance oubliée.
Redécouvrir que nous sommes tous des créateurs n'est il pas le plus fantastique des défis du XXIème siècle.
C'est redécouvrir que nous sommes chacun responsable.
C'est célébrer notre autonomie retrouvée.
C'est se mettre au service de son projet d'âme et devenir auto-référent, sans attendre une reconnaissance incertaine et partielle de l'extérieur.
Utopie ? Réaliste ! Donnons-nous une génération en commençant maintenant.
Auteur de La Déclaration des Arts de l'Eveil
www.jardins-cocreatifs.com/337-la-nouvelle-matrice-de-la-creation.html











Commentaires
donc créer est effectivement un réel état de sublimation qui permet d\'être en contact avec son être profond, mais ce n\'est pas gagné pour autant .
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