Le Thérapeute Intérieur en G.B.I.

Mercredi, 21 Avril 2010 08:44 Françoise Folliot
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Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas le praticien qui dirige réellement la séance en G.B.I. (Guérir ses blessures intérieures) mais le Moi profond du patient, ce centre qui représente en nous un niveau de santé et de cohérence parfaite. Daniel Maurin, initiateur de la méthode, appelait ce centre « le Thérapeute intérieur ».
Qu'est ce à dire ?

Le Thérapeute intérieur fait partie intégrante de notre être.
Rappelons d'abord un point fondamental de l'enseignement de Daniel Maurin, la conception trinitaire de l'homme. L'être humain, en effet ne se réduit pas au schéma binaire classique, corps et âme (ou psyché) englobant le conscient, le subconscient et l'inconscient si vaste et profond soit-il. Il possède aussi une dimension transcendante qui dépasse les plans physique et psychique. C'est de cette dimension spirituelle essentielle que procède « le Thérapeute intérieur ».

 

Ne confondons pas spiritualité et religion...
comme l'a fait notre société matérialiste et cartésienne, qui, jetant le bébé avec l'eau du bain, a oublié, voire nié, toute transcendance, et coupé ainsi l'homme de sa source. Il en résulte que les pays « développés » sont devenus les champions du mal-être et du mal de vivre. Certes, le plan spirituel, concerné par toutes les traditions religieuses, a son autonomie propre parce qu'il est constitutif de l'être humain, croyant ou non. C'est le noyau, le centre que les Grecs appellent le Noûs, ou le Principe. Ce centre n'est donc pas le sous-produit d'une démarche religieuse, même si celle-ci peut aider à le dévoiler. Il est le fondement de tout être humain, comme les fondations d'une maison soutiennent tout l'édifice. Cette dimension spirituelle échappe au mental rationnel qui ne peut la concevoir, l'analyser, la définir mais elle n'en est pas moins bien réelle.

 

Comment approcher, aborder le Thérapeute intérieur ?
Selon sa sensibilité, son éducation ou sa tradition, chacun l'abordera avec son propre référentiel, le nommant : Dieu, Allah, Bouddha, l'Innommable, le Soi, Shiva, Ange gardien, Absolu, Principe, Réalité ultime, Être essentiel, Champ unifié, Conscience, Vie, petite Voix...et d'autres façons encore. Sans vouloir assimiler, dans un syncrétisme naïf, toutes ces notions à une même instance, disons simplement que notre Thérapeute intérieur est notre Moi profond, le noyau de notre être, ce centre qui représente en nous un niveau de santé et de cohérence parfaite

 

Les attributs du Thérapeute intérieur.
Comparable au « Soi » de l'Hindouisme, notre Thérapeute intérieur est, disait Daniel Maurin, pure existence, pure intelligence, pure béatitude.

-Pure existence, il est le Témoin silencieux qui observe les phénomènes avec objectivité sans trace d'émotivité. Considérés avec ce recul, les remous émotionnels les plus virulents se dédramatisent et s'apaisent.
- Pure intelligence, il connaît les chemins de la guérison et nous y conduit infailliblement, si nous lâchons le mental pour le laisser opérer en toute liberté.
-Pure béatitude, source infinie de joie et de plénitude, il chasse de nous tristesse, peur, déprime. Amour inconditionnel, il nous aime infiniment sans nous juger. Lui seul peut vraiment guérir les souffrances et les carences affectives qui sont au cœur de toutes nos blessures.

Nous pouvons donc lui faire entièrement confiance : il trouvera les voies appropriées pour nous guérir, à condition, toutefois, de solliciter son aide et d'accueillir sa Présence.

 

Confions les rênes au Thérapeute intérieur.
C'est vers ce Maître intérieur, cette partie profonde et lumineuse de nous-même, que se tournent le praticien et son patient en début et en en cours de séance. C'est Lui qui en inspire le déroulement, Lui qui vient au secours de la personne chaque fois qu'elle se sent prise dans une impasse ou submergée par une émotion insupportable. Devant notre incapacité à résoudre telle ou telle difficulté, nous confions au plan supérieur ce qui pose problème au plan inférieur et en général, la solution ne tarde pas à arriver.
Le praticien en GBI, dans une présence bienveillante et une écoute vigilante, accueille et suit le parcours de celui ou celle qu'il accompagne ; il n'impose pas, il propose.
Bien sûr, ce thérapeute extérieur se doit d'être parfaitement centré, et en résonance avec le Thérapeute intérieur de la personne. Cela suppose qu'il ait déjà accompli un grand travail sur lui-même et qu'il entretienne sa relation avec son propre Thérapeute intérieur par des pratiques régulières de méditation, contemplation et toute autre démarche qui développe sa dimension spirituelle.

 

Voici un exemple significatif de la manière dont peut agir le Thérapeute intérieur :
M..., vient pour une séance de GBI. Elle est en grande souffrance, car elle se sent abandonnée depuis 3 ans par son fils qu'elle a élevé seule et qui a été « sa seule raison de vivre ». Elle a fait d'énormes sacrifices pour lui payer de hautes études et son manque de reconnaissance la « torture ».
Au cours du soin, elle se trouve rapidement en proie à une grande agitation et manifestement, son désespoir la torture.
Il apparaît que la simple évocation de sa relation conflictuelle avec son fils lui arrache des sanglots inextinguibles ; rien ne semble pouvoir lui apporter de soulagement, tant elle est brisée par cette douleur viscérale : son corps exprime par des torsions et des spasmes l'intensité des mémoires cellulaires et la profondeur de la blessure. Dans ce passage difficile, nous avons appelé le Thérapeute intérieur.
Je lui propose de quitter le site de sa souffrance et d'entrer en relation avec son Thérapeute intérieur  (avec lequel elle s'est reliée en début de séance) en adoptant la position du Témoin. Elle s'apaise presque aussitôt : ses traits crispés et ses membres se détendent, elle arrive à respirer profondément puis calmement tandis que son visage s'éclaire.

Comment vous sentez-vous ?
Je suis apaisée. Ma souffrance a disparu.
Où est-elle passée ?
Elle n'était que dans le mental et lorsque j'ai dépassé ce plan en prenant refuge dans mon Maître intérieur, je l'ai vue se dégonfler comme un ballon de baudruche : elle a disparu dès que j'ai pu la regarder donc m'en désidentifier.
Si vous redescendez dans le mental, pouvez-vous la retrouver quelque part ?
Comme une ombre légère. Elle a perdu sa consistance , je n'en reviens pas !

Évidemment, le soin est ici « visionné en accéléré » mais nous constatons régulièrement que l'expérience du Moi profond met en lumière le caractère précaire de nos souffrances. Il suffit de les examiner en prenant de l'altitude pour qu'elles perdent leur consistance.
Maintenant, pour parfaire le nettoyage de la blessure, il serait intéressant de proposer d'aller voir ce qu'il reste d'ombre (cela peut se présenter comme quelque chose à accompagner en « Transfert symbolique »), puis proposer ensuite un travail dans le sens d'une réconciliation.

 

Conclusion
Au delà de la guérison des blessures intérieures, la G.B.I se propose donc de dépasser l'Ego, notre dimension physique et psychique, pour faire grandir en nous notre Thérapeute Intérieur.
Laissons le dernier mot à Daniel Maurin :
« Il est évident cependant que seule l'expérience de la profondeur peut permettre une telle découverte : ce n'est pas seulement en y pensant que l'on y parvient (sinon, ce serait encore une ruse du mental) mais en rejoignant ce centre inaltérable et serein, qui devrait être notre demeure. Si cet état ne nous est pas habituel (faute de pratique), il n'en est pas moins notre état naturel».

 

Catherine Dilles - Françoise Folliot