Il était une fois ...
...quatre mots magiques qui, pour de nombreuses personnes font exclusivement partie d'un autre monde, d'un autre temps, celui de l'enfance. Pourtant il n'en est rien ; les contes de fées ne sont pas, comme on le croit trop souvent des niaiseries réservées aux petits.
Pour ceux que cela interpelle, elles ont peut être un rôle à jouer.
Les contes merveilleux ont intéressé philologues, folkloristes, ethnologues, sociologues et psychanalystes.
Essayons de décrypter leur message et leur fonction possible dans nos vies parfois aliénées, conditionnées ou privées de merveilleux.
En y réfléchissant bien, pourrait-on se passer de contes de fées, d'histoires merveilleuses dont on attend une « happy end ? » Nos rêves les plus fous ne sont-ils pas des germes conscients de contes de fées dont nous avons oublié la fin heureuse dans un futur jugé trop improbable, inaccessible ?
Comment nos raisonnements exclusivement rationnels ont-ils tordu le cou aux messagers du monde féerique ?
Pourquoi la pensée déterministe croit-elle se suffire ?
Les contes peuvent-ils nous permettre aujourd'hui de retrouver la voie du merveilleux, le chemin du courage héroïque, l'intelligence du coeur, le monde de Tout-Possible ?
Les histoires que ces contes mettent en scène ne semblent pas crédibles à notre époque où la pensée scientifique rationnelle domine, car leur véritable sens échappe à la plupart des gens ; c'est pour cela qu'elles semblent destinées à endormir les enfants.
Et si elles étaient plutôt destinées à éveiller les Grands à une dimension d'eux-mêmes qu'ils ne connaissent pas ?
Un récit fictif mais non erroné
Le conte populaire fait partie des récits mythologiques ; c'est un mythe de la vie quotidienne et des gens ordinaires. Le héros du conte est une personne ordinaire. On la désigne souvent par un aspect physique ou une particularité vestimentaire : le Petit chaperon rouge, Tom Pouce, Peau d'âne, Hans-mon-hérisson, le Petit Poucet etc...
Constatons qu'aujourd'hui le mot mythe lui-même est devenu synonyme de « récit erroné »
L'hégémonie scientifique a occulté d'autres façons d'aborder la réalité et d'en découdre avec les grandes questions existentielles. La pensée mythique a été éradiquée, nous coupant ainsi de fondations et de contenu culturel porteurs de sens. Pourtant une façon de penser n'a pas besoin d'avoir tort pour qu'une autre ait raison. Elles se complètent sans s'exclure.
Le conte est un récit fictif qui fait appel à l'imagination par un discours suggestif, imagé. Il ne propose aucune démonstration logique, ni théorie à prouver. Pas de solution non plus.
Il emmène dans un monde imaginaire, appelé à s'actualiser. Pour qui sait décrypter les contes au-delà du premier niveau de lecture, et se servir de ses clefs de sagesse, le miracle ne manque pas de se produire.
Précisons que le mot miracle signifie étymologiquement vision nouvelle et étonnante.
Le conte met au jour le monde sensible en perpétuel devenir. A travers lui, ce n'est pas toujours plus de la même chose que la vie exige, mais quelque chose d'inédit, de nouveau, d'impensable auparavant.
Il est récit initiatique très puissant, aventure intérieure qui prend forme dans la réalité, sous certaines conditions. Sa magie nous intrigue car ce qui le caractérise c'est le merveilleux, le miraculeux.
La pensée symbolique et le « programme d'accomplissement »
La pensée symbolique inhérente aux contes rétablit sens et communication entre le monde subjectif et le monde objectif. C'est une pensée intégrante, synthétique qui donne à chacun sa place dans le monde à partir de son souhait et à chaque événement une forte raison d'être.
La fée, personnage emblématique du conte merveilleux, est le passeur qui va rétablir la liaison entre le monde intérieur inconscient et le monde extérieur conscient pour accorder l'accomplissement des souhaits et demandes par Grâce, et non par la somme de nos efforts.
Le gland est fait pour devenir chêne et la vie n'aura de cesse d'envoyer au héros épreuves et messagers du monde féerique pour le lui rappeler car c'est sous cette forme précise qu'Elle a besoin de lui.
C'est le chemin de l'intelligence et du courage.... le chemin le moins fréquenté , celui qui réapprend au héros à se fier non pas seulement à l'observable, au quantifiable et reproductible mais à SA NATURE subjective et qualitative, mystérieuse.
Le conte est une épopée
D'inspiration en inspiration, alliance à l'infinie fécondité de la vie, il nous forme et nous force à une aventure intérieure exaltante, propice à révéler les possibles que nous contenons.
Recettes de Sagesse millénaire, il permet la transmutation de l'homme archaïque en homme archétypale. Les épreuves du héros sont des preuves de sa transmutation.
Le dépassement de soi.
Devant une vision de l'avenir quelque peu désenchantée, un engouement pour les contes de fées se fait croissant. Le monde a besoin de héros des contes car les héros ré-enchantent le monde.
Trop de rationalité aseptise la pensée, appauvrit et étouffe la dimension créative de l'être humain qui a besoin de jouer avec ses limites et se nourrir de qualités transcendantes. Le besoin de dépasser son égo et d'incarner l'archétype du héros se fait grandissant.
Aujourd'hui l'art cinématographique nourrit l'imaginaire héroïque collectif, pour peu que les auteurs du film mettent en scène la structure universelle commune à tous les contes de fées. Le spectateur s'identifie au héros.
Une science initiatique
Avant que la science n'explique comment les champignons microscopiques appelés levure permettait de fabriquer de la bière, les hommes fabriquaient de la bière. La science observe mais ne transforme rien, n'invente rien.
Des « recettes magiques » existaient avant qu'on ne sache expliquer objectivement et rationnellement comment et pourquoi survenaient certains phénomènes.
Les contes de fées sont ces sortes de recettes qui opèrent des changements d'une façon miraculeuse parce que non expliquée et surtout non prouvée. Les changements appartiennent à qui les initie, à qui ose !
Cette « science initiatique » ne s'oppose pas à la pensée scientifique rationnelle mais vient la compléter. L'être humain qui veut sentir vibrer la vie en lui et se sentir en profonde connexion avec elle n'a d'autre choix que de tenter l'aventure, à l'image des héros des contes.
Ces histoires, contées à la veillée depuis la nuit des temps ont encouragé les hommes a entrer en résonance avec les grands mystères de la vie, les énigmes de leurs existences.
Un saut quantique
Le conte met en scène dans la vie quotidienne, la réalisation d'un « souhait impossible » C'est un saut qualitatif, un véritable saut quantique avant la découverte de la physique quantique et des propriétés quantiques de la matière !
Au niveau macroscopique on ne voit pas les lois quantiques se manifester directement, tout comme, avant le microscope, on ne voyait pas les champignons appelés levure dans la préparation de la bière.
Nous vivons à un niveau de réalité où il nous semble que les choses sont séparées de nous, nos souhaits inaccessibles.
Une des lois de cette nouvelle physique est la loi de non- séparabilité. Tout s'informe et se répond dans un monde en résonance. Cette nouvelle physique n'a de nouveau évidemment que nos découvertes qui datent d'un siècle.
Les enfants sont encore proches des contes car leur mental n'est pas encore formaté, n'a pas encore intégré cette notion purement intellectuelle de la séparation dans l'espace et le temps.
Ils ressentent l'objet de leurs souhaits comme faisant partie d'eux-mêmes ; ils « savent » d'instinct que ceux-ci sont des expressions de leur moi profond et que l'intensité de leur désir est suffisante à l'accomplissement. Ils apprendront ensuite le monde des égos piégés dans l'illusion de la séparation. C'est ainsi !
Le héros des contes est un homme (ou une femme) quantique !
Le conte est la recette empirique du changement soudain. Mais pas n'importe quel changement...celui que notre raison ne connaît pas ! Il est le pendant poétique, magique et précurseur de la physique quantique.
Le Chat Botté fait de son maître, pauvre fils de meunier déshérité, un roi !
Comment le meunier, raisonnablement, devant son piteux héritage pouvait envisager de devenir roi ? Impossible ! comme ces souhaits dans notre vie, qui nous semblent irrémédiablement voués à l'échec, et pire, que nous n'osons même pas envisager !
Et pourtant le Chat, se positionnant devant son maître en messager de la fécondité ( la fonction féerique du conte) va orchestrer toute l'histoire, magistralement, et donner à son maître le Grand Accomplissement !
Le conte apprend à TOUT demander, même l'impossible. C'est la vie alors sollicitée en grand qui répondra !
Nos rêves sont les rêves de la vie
Ainsi nos rêves, même ceux qui nous semblent les plus fous sont les rêves que nous souffle la vie ; ils sont les rêves de la vie. La cause de nos épreuves n'est pas de vouloir devenir qui nous sommes, ce que la vie attend de nous, mais bien de résister à le devenir.
Alors faire de sa vie un conte est une simple épreuve de poésie, un art de vivre.
C'est l'art de répondre à l'appel de la vie, de prendre la responsabilité de révéler au monde les ressources de notre cœur.
Le miroir des contes
A trop développer la pensée objective, extérieure l'adulte perd en partie cette faculté de réaliser ses rêves. Cela n'est pas irrévocable, avec un peu d'entraînement, derrière le voile de la raison, de l'ordinaire, se trouve une dimension de nous-mêmes que les contes nous invitent à contempler.
Il existe une identité profonde entre le conte et notre histoire ; si nous arrivons à pénétrer dans le miroir magique que sont ces récits, alors il suffira de mettre en oeuvre ses propositions et d'ajuster notre vie sur ce modèle de Sagesse et de Vérité.
Ouvert sur de multiples niveaux de signification, son sens est inépuisable et ne reflète que le vraisemblable de celui qui l'écoute. Le probable qu'il suggère est capable de faire émerger au conscient une certitude.
Cette certitude intime qu'il soulève est capable de provoquer une transformation chez un individu, d'amener à une autre vision du monde. Le voile est soudain levé sur un possible qui attendait de surgir des profondeurs de l'inconscient.
Le conte assouplit, apprivoise les possibles de chacun.
Vivre le changement selon son cœur
... il était une fois
... nous emmène dans un temps non chronologique, un espace/temps où attendent les rêves de la vie que nous portons.
Avez-vous levé le voile de vos conditionnements de penser le conte de fées et voyez-vous le miracle ?
Comme l'enfant frustré quand l'entourage ne répond pas à ses désirs, quand dans nos vies d'adultes, nous nous retrouvons dans des situations de manque, des urgences, des questions existentielles fortes, alors il est temps de répondre à l'appel de l'aventure, de faire un choix à partir du futur, vivre la dynamique d' un parcours héroïque pour FAIRE DE SA VIE UN CONTE DE FEES !










