Etre Papa, le métier le plus beau du monde mais que nous devons exercer sans apprentissage avec, comme principales références, l'éducation que nous avons reçue de nos propres parents, il y a longtemps déjà ; la société évolue si vite !On a beaucoup parlé du rôle de la mère mais beaucoup moins de celui du père, sa place est pourtant Capitale dans la vie de l'enfant.
Accompagnant depuis longtemps des personnes en difficultés de tout ordre : santé, psychologiques, relationnelles, d'insertion sociale ou professionnelle, étant mère de six enfants dont deux adoptifs, ayant fait personnellement un parcours analytique, j'ai eu le temps de repérer l'importance du père et celle de la mère dans la structuration psychologique, intellectuelle et corporelle de l'individu et, par voie de conséquence, leur impact sur les phénomènes sociologiques.
C'est avec la mère que l'individu élabore et développe ses aptitudes à l'intériorité, à la vie intime, affective.
C'est avec le père qu'il élabore et développe ses aptitudes à la vie sociale, scolaire puis professionnelle.
Dès le premier jour de la conception du premier enfant, il y a famille.
Du fait que la femme est constitutionnellement apte à recevoir l'œuf dans son utérus pendant 9 mois, la mère représentera toujours, quel que soit son caractère, sa vie professionnelle, «l'Intérieur », l'accueil et le père «l'Extérieur ».
Intérieur et Extérieur constituant les deux piliers, indispensables piliers à la construction du «moi » de l'enfant et à son évolution.
EGALE IMPORTANCE mais RADICALEMENT DIFFERENT
PERE MERE
Donner plus d'importance à l'un qu'à l'autre, c'est déséquilibrer l'ensemble et ce, dés le premier jour de la conception.
Les rôles de l'un et de l'autre sont tout aussi radicalement différents.
Ceci saute aux yeux pendant la grossesse notamment mais il en sera de même tout au long de la vie de l'enfant même si les parents font les mêmes gestes, disent les mêmes mots, ils sont perçus par l'enfant différemment
Donner plus d'importance à un pilier, c'est le charger de ce pourquoi il n'est pas fait.
La mère ne peut être mère et père.
Le père ne peut être père et mère.
En profondeur, le parent n'a les aptitudes que celles pour lesquelles il est fait.
Dans les familles dans lesquelles un parent a disparu, le parent restant est stressé, fatigué, surmené, et ne peut plus mener à bien ce pourquoi il est destiné.
« Je ne peux pas tout faire » dit cette mère seule au foyer.
« Si c'est moi qui lui interdis, mon enfant n'en tient pas compte, par contre si c'est son père, il obéit sans broncher » dit l'autre
LE PERE DANS L'INSERTION SOCIALE
Le père, «l'Extérieur », représente pour l'enfant, dés le premier jour de la conception, la Société .
De la qualité de sa relation à l'enfant, dépendra son insertion sociale.
Si le père est attirant, enviable, il suscitera chez son enfant le désir de s'insérer dans cette société.
Le désir est le moteur indispensable à tout mouvement intérieur.
Si l'enfant voit à travers son père la société entière, il doit y trouver aussi toutes les lois qui régissent celle-ci.
Les limites sont frustrantes mais elles établissent un cadre qui rassure.
Sans repère, la vie est angoisse, brouillard, flou. L'enfant, puis l'adolescent a besoin de trouver ce Re-père chez son père pour grandir le plus sereinement possible. Trop d'angoisse l'obligerait à avoir recours au rêve, à la drogue, à l'alcool qui apaisent quelques instants.
Dans un stage d'insertion sociale de jeunes de 16 à 18 ans, Frédéric est absent à 9 heures. Il a un passé de délinquant léger (vol à la tire). Son père a démissionné depuis longtemps .
A 11 heures, Fred arrive, las, triste, découragé et me dit : « qu'est-ce que je dois faire pour être puni ? . Cette fois-ci, j'ai volé des magnétoscopes, j'en ai recelé 5 ! J'ai été emmené au poste ce matin. Les flics m'ont engueulé 5 minutes et m'ont relâché ! (geste de découragement) Qu'est-ce que je dois faire de plus ? »
De plus, si le père est amour, la société lui apparaîtra, à travers lui ,bienveillante et il n'aura pas peur d'y rentrer et de s'y assume. Le VRAI PERE est celui qui Aime l'enfant et qui représente pour lui la LOI sociale à laquelle il est soumis lui-même. Ce peut être quelqu'un d'autre que le père géniteur.
Quelles sont les lois ?
1) L'interdit de l'inceste
C'est à dire l'interdiction pour le Parent d'avoir une relation sexuelle avec son enfant et de lui faire croire que ceci sera possible un jour par du flirt, de la drague, des attouchements, etc.
Le parent a droit d'être attiré par son enfant, il est même souhaitable qu'il en soit ainsi, l'enfant s'en trouve valorisé, mais il n'a pas le droit de passer à l'acte.
L'inceste situe l'enfant, qui en est une victime, hors de la société. Il se sent un être «à part » pour toujours.
Si le père fait respecter la loi avec autorité et amour (autorité à différencier de l'autoritarisme qui est jouissance au pouvoir sur l'enfant), l'enfant n'aura pas besoin d'avoir recours à la délinquance pour chercher cette loi dont il a besoin pour se re-pérer dans la vie.
2) L'interdit de porter atteinte au corps de l'autre
Il est interdit de battre, de violer, de toucher même le corps sans son assentiment.
3)L'interdit de porter atteinte ou de violer le territoire de l'autre
Il est interdit de violer la chambre du frère, de la sœur, des parents, de casser ses jouets et même d'utiliser ses affaires sans sa permission.
4)Il est interdit d'insulter
Bien entendu, pour que ces interdits puissent être appliqués, il faut que les parents en soient dépositaires et qu'ils les respectent. Il faut aussi qu'à chaque transgression corresponde une sanction adaptée au délit et à l'âge.
Cette sanction peut n'être, quand l'enfant est petit qu'une gronderie mais dès que celle-ci ne suffit plus, il sera important d'instituer, si possible avec la mère, une sorte de code.
Tel délit = telle sanction. Il n'y a pas de petit délit.
Cette loi doit être exprimée clairement, voire écrite et appliquée avec le moins d'affectivité possible : sans rejet, sans culpabilisation .
Tout citoyen est soumis à ces lois sociales.
Donc, tout père qui se veut tel a, non seulement à la faire respecter par son enfant, mais à la respecter lui-même. C'est ainsi et par lui que l'enfant prendra sa place dans la société.
L'IMPORTANCE DU PERE DANS L'INSERTION PROFESSIONNELLE
Depuis 20 ans, je travaille dans l'insertion professionnelle avec des demandeurs d'emploi qui ont des difficultés particulières à trouver ou retrouver un emploi. La plupart du temps, on retrouve chez eux une absence de père symbolique (père symbolique = autorité aimante). C'est dire l'importance des activités, des apprentissages, que le père pratique avec son enfant, durant son enfance et son adolescence.C'est dire aussi l'importance du soutien scolaire et de l'intérêt que porte le père à la vie scolaire de son enfant (la vie scolaire étant la première vie professionnelle de l'enfant) ! L'importance de la présence du père aux réunions de parents d'élèves.
L'IMPORTANCE DU PERE DANS L'ELABORATION DE LA VIRILITE DES GARCONS
Le fils, pour se situer homme a besoin :
de sentir l'intérêt qu'il suscite chez sa mère, mise au clair avec l'interdit de l'inceste, mère respectueuse de la personnalité de l'enfant.
de pouvoir s'identifier à un père «bien en place » pour susciter le désir d'identification. Il ne s'agit pas de statut social, il s'agit de place à l'intérieur de sa famille. Il a besoin aussi que son père le reconnaisse valable, croit en lui, en ses capacités, écoute ses positions même s ‘il n'est pas d'accord avec elles. Il s'agit d'écouter l'autre dans ses différences. Bien sur, cela ne dispense pas de faire respecter la loi sociale, le règlement intérieur de la maison, et même de sanctionner s'il le faut, mais tout individu a le droit de s'exprimer.
L'IMPORTANCE DU PERE DANS L'ELABORATION DE LA FEMINITE CHEZ LES FILLES
La fille a BESOIN de sentir l'intérêt que son père lui porte en tant que femme, tout en s'interdisant tout passage à l'acte et toute drague.
La fille n'a pour premiers contacts avec sa féminité que des ennuis : pas de sexe visible à première vue, seins qui poussent en faisant mal, règles,... C'est en se sentant intéressante dans le regard et les paroles de son père qu'elle découvre sa valeur de femme.
Par contre :
Si le père passe à l'acte, elle se culpabilisera d'être attirante et refoulera ses désirs au point de devenir fragile, s'automutilera dans la relation femme-homme, souvent à vie.
Si le père a peur de son attirance pour sa fille, confondant désir et passage à l'acte, il fuira sa fille, surtout à l'adolescence, s'interdisant toute tendresse envers elle et l'adolescente en conclura qu'elle n'est pas valable : elle se réfugiera dans une attitude d'enfant pour obtenir de Maman la tendresse perdue et cherchera souvent toute sa vie, un homme-père qui pourra réparer le manque. Malheureusement les hommes-pères sont souvent des hommes mariés qui voient dans ces jeunes filles des femmes, des dragueuses, n'imaginant absolument pas qu'elles ne sont que des adolescentes en quête de père. Elles vivent avec ces hommes une relation qui a valeur pour elles de relation incestueuse et elles se retrouvent souvent à être «coincées »à vie, dans cette quête de père symbolique.
DES L'INSTANT DE LA CONCEPTION DE L'ENFANT LE PERE A CETTE PLACE.
ELLE EST.
POINT N'EST BESOIN DE LA CHERCHER,
Il N'Y A PLUS QU'A L'OCCUPER ! CE QUI NE VEUT PAS DIRE QUE CE SOIT FACILE !
MAIS N'EST PAS LE CAS DE TOUTE PLACE ?
Vous avez en vous toutes les possibilités pour réussir, faite-vous confiance et acceptez vos limites et vos imperfections, vos manques, votre enfant apprendra ainsi à
en faire autant.
Bonne route avec vos enfants !

