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              ORTHODONTIE : DECODAGE D'UNE PRATIQUE DENTAIRE CONTROVERSEE
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18-20 Janvier
7ème Respire, salon bio et bien être à Vannes (56)
accueil@loire-evenement.fr
www.loire-evenement.fr

31 Janvier - 4 Février
6me salon Naturally à Paris
viveznat@club-internet.fr
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2-3 Février
9ème salon du bien être "Jouvence" à Remiremont (68)
Tel : 03 89 52 45 75

7-11 Février
24 ème salon Médecine douce et thalasso à Paris
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15-18 Février
5ème Zénitude salon du bien être et des thérapies douces à la Teste-Arcachon (33)
lulm@aol.com www.organizen.eu

29 Février - 2 Mars
22ème salon Primevère à Lyon (69)
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21-23 Mars
1er Zénitude salon du bien être et des thérapies douces à Rodez (12)
lulm@aol.com
www.organizen.eu

29-30 Mars
6ème salon du bien être à Saint Raphaël (83)
contact@salonbienetre.com
www.salonbienetre.fr

 


Par Estelle Vereeck*


Tout commence par un rêve: avoir des dents bien droites, un sourire parfait. Plus qu'un rêve en réalité puisqu'un sourire de star est un atout non négligeable dans un monde de plus en plus concurrentiel.


Dans une société centrée sur l'apparence, où l'image prend presqu'autant d'importance que les diplômes, les dents tordues ou mal alignées n'ont plus droit de cité. Il faut être impeccable, irréprochable jusqu'au bout des dents. Malheureusement, tout le monde n'a pas les dents de Sharone Stone ou de Julia Roberts. Une discipline se charge donc de remédier aux imperfections de la nature en redressant les dents: l'orthodontie.

Cependant, un sourire parfait se mérite. D'abord, le traitement exige généralement le sacrifice de dents saines (deux à huit dents selon les cas). Ensuite, il faut porter des bagues. Outre qu'elles donnent le sourire de robocop, les attaches métalliques, écorchent langue, joues et lèvres, empêchent de parler et de s'alimenter, sans parler des quolibets et réflexions ironiques. C'est parti pour trois ans de traitement, quand tout se déroule comme prévu. "Il faut souffrir pour être beau" se console le patient, fataliste. "Au moins, plus tard, mon enfant aura de belles dents, il me remerciera" raisonnent les parents d'adolescents aux sourires bardés de métal.

Pourtant, c'est loin d'être aussi simple. Le traitement d'orthodontie qui semble magique quand il transforme un sourire de vampire en sourire d'ange, a néanmoins un revers peu connu. Les bagues collées sur les dents altèrent l'émail, décapé à l'acide avant collage. En cas d'hygiène médiocre, c'est encore pire. Les attaches retiennent les débris alimentaires provoquant caries et inflammation des gencives. D'autre part, déplacer les dents implique la destruction d'une partie de l'os qui les supporte. L'os se reconstitue ensuite mais jamais complètement, favorisant à terme des problèmes de déchaussement. Plus grave, lorsque les forces imposées sont excessives ou mal tolérées, c'est en plus la racine des dents qui se résorbe, causant la redoutable rhizalyse, phénomène imprévisible contre lequel il n'existe à ce jour aucun remède. On l'aura compris, un traitement d'orthodontie est loin d'être anodin.

Cependant, les effets secondaires ne se limitent pas aux dents. En déplaçant les dents, on modifie l'engrènement ou occlusion, avec de multiples répercutions à distance. Les dents ne sont pas séparées du reste du corps. Toucher l'occlusion, c'est modifier avec plus ou moins de bonheur la posture. C'est une réalité bien connue des sportifs chez qui l'équilibration dentaire améliore les performances. Encore faut-il aboutir à une occlusion compatible avec la globalité du corps. Or les traitements d'orthodontie déplacent les dents en fonction de l'esthétique sans tenir compte de la posture. C'est ainsi qu'après un traitement, on peut se retrouver avec des dents bien alignées mais un dos tordu, un bassin en déséquilibre, une asymétrie posturale, une épaule plus haute que l'autre, etc. En effet, contraint d'un côté, le corps est obligé de compenser au détriment de la posture ou des structures voisines. Ainsi, très souvent, l'articulation des mâchoires, forcée vers l'arrière par les déplacements dentaires intempestifs, se met à dysfonctionner. Des craquements apparaissent, des claquements ou des décrochements à l'ouverture, parfois des douleurs. Chez d'autres encore, ce sont des maux de tête qui surviennent, des douleurs dans la nuque, des difficultés à tourner la tête, des blocages à différents niveaux (épaules, bassin, genou) qui traduisent la difficulté du corps à tolérer un traitement qui le violente. Ces troubles, dont la liste n'est pas exhaustive, peuvent se manifester en cours de traitement ou parfois des années après son arrêt. Dans la majorité des cas, on ne fera pas le lien avec le traitement d'orthodontie. Outre de multiples effets secondaires, les récidives sanctionnent dans la majorité des cas des traitements trop agressifs qui ne tiennent pas compte de la globalité du corps. Chassez le naturel. Il faut alors se résoudre à entreprendre un second traitement ou se résigner à (sup)porter une contention à vie.

Qu'ils soient dentaires ou corporels, les effets secondaires ont d'autant plus de probabilité d'apparaître que le traitement aura commencé tard. Or les traitement débutent beaucoup trop tard, chez des adolescents, et de plus en plus chez des adultes, dont la croissance est depuis longtemps terminée et dont les différentes structures (dents, support osseux, articulations, etc.) ont perdu leur malléabilité. A l'inverse, chez l'enfant en croissance, ces mêmes structures sont plastiques, davantage capables de s'adapter aux contraintes imposées par l'appareillage. A contrario des idées reçues, pour avoir toutes les chances de succès, un traitement d'orthodontie doit commencer tôt, le plus tôt possible. Douze ans est la limite à ne pas dépasser. Or c'est l'âge où une majorité d'enfants commencent leur traitement, un âge où la croissance des mâchoires est achevée à 90%. Commencer tôt présente en outre l'avantage d'agir sur la cause des dents mal implantées, à savoir l'étroitesse des mâchoires. Les défauts d'alignement ne sont pas génétiques comme certains le prétendent. Non, les mâchoires ne sont pas vouées à un rétrécissement inéluctable ! La cause réelle de leur étroitesse, responsable des dents qui se chevauchent, est un déficit de croissance qui s'installe généralement dès la naissance, voire parfois durant la grossesse, et qui ne cesse de s'aggraver, faute de traitement précoce, à mesure que l'enfant grandit. Attendre la fin de la croissance pour appareiller à douze ou quinze ans, voire plus, est un non sens. C'est durant l'enfance, quand le potentiel de croissance est maximal, qu'il faut stimuler le développement des mâchoires pour permettre la mise en place de toutes les dents. Une politique de prévention intelligente peut éviter les extractions de dents saines à l'adolescence. Chez le jeune enfant, il n'est évidemment pas question de bagues mais d'appareils spécifiques qui agissent sur les fonctions (mastication, position de la langue) pour stimuler la croissance des mâchoires.

Aujourd'hui, une autre orthodontie dite fonctionnelle, plus respectueuse de la globalité du corps, est en train d'émerger. La clé réside dans le dépistage précoce de toute anomalie, y compris en denture de lait. Ensuite, des traitements, d'autant plus rapides et simples que l'enfant est jeune, peuvent être mis en place. S'ils exigent la coopération active de l'enfant et l'investissement des parents, ils évitent aux uns et aux autres la corvée d'un traitement long, coûteux et mutilant à l'adolescence. Au vingt-et-unième siècle, il est inadmissible qu'on ait encore recours aux extractions pour redresser les dents. Sous l'angle du décodage, extraire des dents, c'est retirer les capacités et les ressources que les dents représentent, c'est amputer d'autant le potentiel de l'enfant. Les dents ne repoussent pas. Les parents et les candidats à l'orthodontie ne doivent pas l'oublier. Chez les adultes, la plus grande prudence est de mise. Si elles peuvent permettent l'alignement des dents, les extractions ont parfois des effets désastreux et inattendus sur le profil. Là aussi, des alternatives existent. Un traitement d'orthodontie s'apparente à une intervention chirurgicale. Il est à manier avec la plus grande prudence. Dans ce domaine aussi, on aura intérêt à privilégier la prévention et les techniques les moins agressives possibles.

Estelle Vereeck
Docteur en chirurgie dentaire
Auteur
Page perso d'Estelle Vereeck chez son éditeur

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Pour aller plus loin avec Estelle Vereeck, lauréate de la faculté de médecine de Nancy :
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Les autres ouvrages sont bien entendu toujours disponibles :
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