Puissance de l'évocation, partage du monde intérieur, magie de la parole. C'est pourquoi aussi nombres de divinités anciennes sont attachées à ces valeurs. Odin le maître des Runes, poète prophétique, nécromancien, magicien possède cette science. Et, il en est bien d'autres. Baudelaire à cette force poétique de compréhension, d'évocation notamment dans son poème : « la charogne ». Ce poème, nous amène directement non dans un monde morbide mais dans celui du mystère de la vie et de la mort. C'est une synthèse magistrale du questionnement de l'homme sur l'existence.
Mais, il en advient des civilisations comme des hommes, elles naissent, se développent, vieillissent, et meurent. Sur la terre, de nombreuses civilisations ont connues une existence puis ont disparues, certaines sans laisser de traces. D'autres , nous ont laissées des débris, qui pour certains fascinent les hommes. Contrairement aux sociétés nomades de chasseurs cueilleurs ou d'éleveurs qui depuis des milliers d'années habitent la Terre en la respectant, ces civilisations n'ont pas survécut. Cette fascination est celle de la mort, mais il y a bien plus. Ces restes comme ceux d'une charogne, sont les parties les plus matérielles. Mais nous rappellent, une chose, c'était des sociétés basées sur la force, l'accaparement des richesses, la réduction des plus faibles à l'esclavage. De plus, toutes ont pillées les richesses naturelles, ont voulut dans leur mégalomanie, réduire la nature à leur usage insatiable. Elles sont toutes mortes de leur avidité et à chaque fois, la nature à repris ses droits.
La nature est la gardienne de la vie.
Il s'agit là d'un enseignement du passé à notre égard. Ces vestiges qui fascinent tant sont ceux du pouvoir, des palais, des temples, des pyramides, tous érigés à la sueur, le sang les larmes et toujours au profit d'une caste régnante. Ces civilisations étaient toutes basée sur le principe de la pyramide, principe dans lequel ceux qui sont au dessus écrasent ceux qui sont en dessous. Les peuples chamanistes nomades fonctionnent sur le principe du cercle et n'accumulent pas les richesses et surtout l'inutile qui rend l'homme si malheureux et mauvais. Ces peuples participent de la vie et ouvre afin de transmettre aux générations futures, ce qui leur à été légué.
Mais la vision de Charles Baudelaire est me semble t-il une excellente traduction de notre société. Nous avons créé un monde dont les valeurs sont l'individualisme à outrance, la compétitivité, la prédation, l'accumulation des richesses, la négation de la vie et de la mort, la violence envers chacun et envers la nature. Une société vivante tout comme cet animal devenu charogne, est constituée de milliards de cellules irriguées par cette énergie subtile qu'est l'énergie de vie. Elles sont assemblées pour participer de la vie. Il y a des échanges permanents entre elles, et quand certaines subissent des dégradations, s'opère un processus spontané de régénération. Tous les individus, toutes les cellules sont mues par un principe unificateur. Notre société actuelle de par la séparation entre les êtres et pire même par les agressions entre individus ou groupe d'individu est entrée dans un processus mortifère. Notre société est comme un organisme en décomposition, ces cellules se séparent, le corps se décompose. Est-il encore temps de guérir ?
Joan Pinchu
Chaman
www.chamanisme-niya.com
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